Un cerf élaphe dans la forêt de Rambouillet, debout sur la seule parcelle de terre atteinte par la lumière, tandis que le bois derrière lui sombre dans l’obscurité. L’image repose entièrement sur cet équilibre : une zone éclairée très restreinte, une zone sombre immense, et un animal à la lisière.
J’ai exposé pour les hautes lumières en laissant filer le reste. L’instinct pousse toujours à déboucher les ombres pour révéler la forêt, et c’est toujours une erreur. À cette heure, un bois est une masse d’ombre trouée de lumière ; le restituer honnêtement, c’est accepter que les trois quarts du cadre ne contiennent aucune information. Ici, l’obscurité n’est pas un accident technique, c’est le sujet.
La lumière est basse, chaude et latérale ; elle glisse entre les troncs plutôt que de tomber du ciel, éclairant le flanc et les pattes tout en laissant le dos dans l’ombre. Cette inversion (un sommet sombre et un dessous éclairé) confère à l’animal une étrange impression d’apesanteur.
Rambouillet est exploitée depuis des siècles et n’a rien d’une nature sauvage. C’est précisément ce qui rend la rencontre intéressante : une forêt sillonnée de routes, de bornes forestières et de joggeurs, où se tient un cerf comme si rien n’avait changé depuis le XVIe siècle.
Je voulais un tirage où l’animal se mérite, et où l’ombre constitue la part essentielle du récit.
Tirage d’art en édition limitée de la collection Skywaven Studios, disponible en plusieurs formats, papiers et options d’encadrement.









