Un cerf sur la crête d’une dune dans les Amsterdamse Waterleidingduinen, se détachant sur un ciel sans le moindre détail, vu au-delà d’un premier plan d’herbes que l’objectif a dissoutes en une bande douce. L’animal est petit, centré, entièrement cerné. Rien d’autre dans l’image n’est pleinement défini.
C’est une photographie faite à travers le paysage plutôt que de lui. J’ai choisi une position basse et une longue focale pour que les herbes les plus proches se fondent en un voile au bas du cadre, et que le cerf semble en émerger. L’œil lit d’abord le voile, puis la silhouette, et cet ordre de lecture fait tout l’effet.
La lumière est plate et blanche, un brouillard marin haut sur les dunes, qui efface toute ombre et toute ligne d’horizon. Dans ces conditions, un paysage perd sa profondeur et devient un ensemble de plans superposés, pâle sur pâle, et la seule chose qui puisse tenir l’image, c’est une forme.
Ces dunes filtrent l’eau potable d’Amsterdam et sont fermées aux chiens comme aux voitures, ce qui explique pourquoi les cerfs s’y comportent d’une manière qu’ils n’ont jamais dans une forêt chassée. Ils vous regardent. Ils attendent. Ils décident quand partir.
Je voulais un tirage presque vide et presque monochrome, avec un seul animal, exactement là où l’œil en a besoin.
Tirage d’art en édition limitée de la collection Skywaven Studios, disponible en plusieurs formats, papiers et options d’encadrement.








